Introduction à la photo animalière

Tout d’abord, qu’est ce que la photographie animalière ? La photographie animalière est une pratique de la photographie de Nature qui consiste à photographier une espèce animale dans son milieu naturel, ce qui exclue donc les photos en zoo et parcs, et en ce qui me concerne, les animaux domestiques et de compagnie. C’est un type de photographie qui demande beaucoup d’exigence, de discrétion, et de calme.

Pourquoi la photo animalière est-t-elle difficile ?

Pour réussir ses photos, il convient souvent de très bien connaître le sujet recherché, pour pouvoir l’approcher au plus près sans le déranger, ce qui n’est pas toujours simple. En effet, s’il peut être assez facile d’observer un animal en étant à une centaine de mètres de lui, il est autrement difficile de pouvoir réussir à être assez près de lui pour pouvoir le photographier correctement, même avec une très longue focale. C’est précisément  en ça que réside la difficulté : être à la bonne distance du sujet sans se faire remarquer.

Ne pas se faire remarquer permet tout d’abord de ne pas faire fuir le sujet, ce qui est primordial pour vous, mais aussi pour lui, puisque la fuite d’un animal peut causer sa perte, s’il se précipite sous les roues d’une voiture ou s’il dépense trop d’énergie en hiver par exemple. De plus, une photo montrant un comportement naturel est beaucoup plus intéressante qu’une photo d’un animal de dos, fuyant. Et enfin, le rapport avec la Nature est beaucoup plus fort ! Observer un animal pendant plusieurs minutes sans même qu’il ne remarque votre présence procure d’incroyables sensations, et c’est toujours un grand moment quand cela arrive.

Être discret permet de :
– Ne pas mettre inutilement le sujet en danger.
– Ramener de meilleurs clichés.
– Passer un très bon moment en compagnie du sujet.

Comment se préparer au mieux ?

Le mieux pour être prêt est de connaître parfaitement les habitudes et le comportement du sujet. Par exemple, le chevreuil parcoure toujours le même circuit entre zones boisées et zones de gagnages, si vous voyez un chevreuil un jour, il est très probable que vous le revoyiez au même endroit à la même heure les jours qui suivent.

Pour connaitre les zones occupées, il convient de repérer les lieux pendant les heures ou le sujet n’y est pas, notamment pour les espèces craintives qui risquent de ne pas revenir si elles vous voient sur place. Lors du repérage, cherchez des coulées récemment fréquentées (sentier animaux repérables grâce aux herbes couchées et aux branches cassées) en regardant pour des empreintes et des marques contre les arbres. Par exemple, un tronc frotté jusqu’à environ un mètre du sol ou de la terre retournée au pied d’un arbre montrera la présence probable de sangliers. Préférez les lendemains de grandes pluies, ainsi le sol sera plus meuble, et une partie des traces moins récentes seront effacées et ne vous induiront pas en erreur.

Empreintes de chevreuils. En venant régulièrement, on peut savoir de quand date les traces. Celles-ci ont moins de 24h.

En observant la sève qui continue de couler d’un tronc gratté, on peut déduire quand l’animal est passé par là à quelques dizaines de minutes près.

Sans entrer dans les détails, il va de soit qu’un camouflage vous permettra de vous approcher plus près sans être vu, mais il faut aussi faire attention à ne pas être senti ou entendu. Pour cela, il suffit simplement de se mettre à bon vent, c’est à dire face à lui, et d’avancer avec beaucoup de douceur, en s’arrêtant fréquemment pour écouter. Souvent, vous entendrez un animal bien avant de le voir, ce qui vous laissera un peu de temps pour vous tenir prêt.

Affût ou billebaude ?

Deux techniques de « chasse » photo existent :
– L’affût, qui consiste à se poster à un endroit précis et à attendre très patiemment que le sujet se montre. Cette technique permet de ramener des photos mieux préparées, et de prévoir un grand nombre de choses telles que l’arrière-plan, ou le sens de la lumière. Nul besoin d’une tente ou d’une grande construction. Souvent un filet de camouflage devant vous et sur votre matériel suffit. Voyez par exemple cet article qui est une base de ce qu’on peut facilement faire avec un filet de camouflage : Installer un affût temporaire en quelques minutes.

Un affût en sous-bois fait à partir de branchage et d'un filet de camouflage.

– La billebaude, ou l’approche, qui est plus une ballade, permet d’augmenter les chances de croiser un animal, mais aussi de se faire repérer par celui-ci. Elle est pratiquée par ceux qui ne peuvent pas attendre pendant des heures dans un affût, ou pour se rendre à un d’eux, voire pour se déplacer entre plusieurs affûts. Pour de meilleures approches, penser toujours à faire le moins de bruit possible, et si vous arrivez à repérer un animal avant qu’il ne vous voit, essayer d’adopter une position proche du sol, pour casser la forme humaine. Sur les derniers mètres, le mieux reste de finir en rampant, pour être le moins visible possible, et ne pas effrayer l’animal.

En approchant ce chevreuil lentement et discrètement, j'ai réussi à me positionner très près de lui (environ 5m), ce qui aurait été impossible avec un affût. La photo est prise à 109mm, et n'est pas recadrée.

Alors que l’affût permet d’être prêt, la billebaude augmente les chances de rencontre mais aussi de gène de la faune.

Les comportements à ne pas avoir.

Certains comportements sont déconseillés, voire interdits.
– A moins d’être sur de ce que vous faites, ne sortez pas en zones chassées pendant la chasse.
– Ne courez pas derrière les animaux en espérant être assez rapide pour vous approcher d’eux avant qu’ils ne fuient.
– Si un animal vous remarque, ne bougez plus jusqu’à ce qu’il ce qu’il se désintéresse de vous, et s’il fuit, ne le suivez pas.
– Ne fumez pas et ne mangez pas, surtout en affût.
– Ne portez pas de couleurs flashy, ou de parfum.
– Évitez de marcher dans les coulées, vous y laisseriez votre odeur, et certains animaux, notamment les chats sauvages, hésiteront à repasser derrière vous.
– Évitez également de vous poster souvent au même endroit, le bruit du déclenchement pouvant intriguer ou effrayer les animaux, ils risquent de ne plus revenir.

Pour conclure :
– Apprenez à connaitre votre sujet (Wikipédia est votre ami).
– Restez discret.
– Ne dérangez pas les animaux.
– Recherchez des photos authentiques.
– Soyez patient !

Chevreuil photographié à l'affût en sous-bois. Ici, l'affût m'a permi de me servir d'un trépied beaucoup plus facilement que si j'avais été en billebaude.

Voilà, ceci n’est qu’une brève introduction à la photographie animalière basée à la fois sur ma pratique mais aussi sur les informations que j’ai pu trouver notamment sur le forum Eos Numérique et sur le blog du site Aube Nature qui sont tous les deux des mines incroyables d’informations. A suivre, un article sur le camouflage et comment monter un affût simple mais efficace en moins de cinq minutes. Si vous avez des questions ou quelque chose à ajouter (il manque sûrement beaucoup de choses), n’hésitez pas à le faire dans les commentaires. Merci beaucoup d’avoir lu, et à bientôt !

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Publié dans Techniques
6 comments on “Introduction à la photo animalière
  1. Je pense que nous partageons les mêmes valeurs !

    J’ajouterais que c’est une activité qui demande beaucoup de temps avant d’avoir un résultat, et qu’il faut savoir s’organiser pour faire cohabiter famille, passion et travail !

    Très bonne introduction Tom, on attend la suite 🙂

  2. Yann dit :

    Bonsoir ;

    Merci pour cet article. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur tous les points, et malheureusement en période de chasse -qui est justement celle où l’on pourrait faire de belles photos avec le givre par exemple- les animaux sont beaucoup plus farouches d’une part et la forêt souvent désorganisée par les chiens de chasse qui suivent les coulées également…
    Autre point important, le matériel… Ce sont malheureusement les optiques lumineuses et de longues focales qui donnent les meilleurs résultats, et celles-ci -je parle d’optiques de qualité et non de cul de bouteilles- sont chères, très chères… Aussi, j’attends patiemment de pouvoir m’offrir dans un premier temps un 300mm f4 ; un f2.8 je n’y pense même pas pour le moment alors que je rêve de pouvoir photographier les oiseaux de nuit (sic !) Bien sûr on peut monter en iso, mais ce n’est pas top… Bien sûr on peut trouver des techniques qui contournent le problème, avec, par exemple, des télécommandes à distance sur un appareil photo équipé d’une optique grand angle pour le recadrage ultérieur, mais franchement ça ne vaut pas une photo authentique… Bien sûr, la technique consistant à relier un capteur infra-rouge qui déclenche le reflex est une autre méthode autorisant l’utilisation de focales courtes moins onéreuses, mais honnêtement, je n’ai pas le sentiment que ce soit la bonne solution, car tout cela est artificiel, le cadrage incontrôlable et le photographe animalier est à mon sens un amoureux de la rencontre avant tout… Bon, c’est vrai, les photographes animaliers peuvent utiliser les techniques précédemment citées dans mon commentaire, mais en général c’est occasionnel ou alors suite à une longue réflexion et non pas du fait de ne pas avoir systématiquement la bonne optique. Enfin voilà, tout cela pour dire que beaucoup de monde aimerait, je pense, faire de la belle photo animalière, mais peu en ont les moyens immédiats. Cela étant, je crois que ce n’est pas plus mal. Je m’entends : Pendant le temps qu’on fait des économies -parce qu’on sait que les optiques à bas coût qui biaisent sur la qualité ne sont pas un bon investissement à long terme- on a le temps de parcourir des forums ou des blogs, sites internet comme les votre, d’accumuler des connaissances « cérébrales » qui pourront servir le jour J., de faire augmenter le désir et la passion, d’être prévenu que ce n’est ni facile, ni fait pour les impatients forgés par la société de consommation qui veut du « plug and play » partout… En même temps, pendant le temps des économies, on prend le temps d’apprendre à faire de la photo, et ce n’est pas facile, car il faut apprendre à maîtriser le cadrage, l’exposition, le fond flou, etc. Alors en faisant de la photo paysagère ou de portrait, on apprend déjà pas mal de bases qui serviront plus tard, j’en suis sûr… Puis vient le jour J où l’on va acquérir enfin un objectif pour l’animalier « sauvage » et on a mal au ventre, peur de se tromper, on hésite encore un peu, puis on finit par laisser aller la passion 😉 J’attends ce jour avec impatience et appréhension !
    Alors merci à tous ceux qui, comme vous, nous font partager ces informations !

    • Tom Mosack dit :

      Bonsoir, et merci beaucoup pour ton commentaire, on a rarement la chance d’en avoir d’aussi long =)

      Tes mots décrivent très bien ce qu’on peut penser quant aux problèmes techniques qu’on peut rencontrer sur le terrain. J’ajouterai aussi qu’habituellement, une bonne observation et une très bonne connaissance du sujet permettent de passer par dessus ces problèmes. Pour les autres, la technologie se met à notre service, autant en profiter !

      Encore une fois merci pour ton passage, en espérant te revoir bientôt ici =)

  3. serge dit :

    Bonsoir,

    Super tes infos et super tes photos.
    Je viens de m’acheter un affût aussi merci de tes infos.

    • Tom Mosack dit :

      Bonjour Serge,

      Merci beaucoup pour ton passage, en espérant que mes conseils t’aideront à réaliser de beaux clichés =)

      Bonne journée et à bientôt !

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