Le camouflage : pas d’argent ? Pas de problème !

Pour aborder la photographie animalière, c’est bien connu, il faut se camoufler et ainsi éviter d’être vu par notre sujet, qui risquerait d’être dérangé et de fuir. Nombreux sont les photographes qui investissent des petites fortunes dans le camouflage, et le photographe débutant à vite fait de se décourager. Voici pourtant quelques astuces pour se camoufler correctement avec peu de moyens. 

1.          Notre matériel.

Le but de cet article étant de montrer qu’on peut se camoufler efficacement pour seulement quelques euros, nous ne parlerons pas aujourd’hui de Ghillie suit, de treillis Multicam™, ou de choses du genre. Je vous propose plutôt d’utiliser deux accessoires très simples : un chapeau de brousse et un keffieh, ou chèch. Avec cela, vous vous habillerez normalement, avec des vêtements de couleurs neutre. De toute façon ça tombe bien : le rose, ce n’est plus à la mode !

Camouflage

Un chapeau de brousse et un keffieh : moins de 20 € d’équipement !

Ici, nous utiliserons un chapeau de brousse flecktarn (camouflage allemand en tâches) et un keffieh kaki et noir. C’est l’équipement de François, notre cobaye, qui a adapté son camouflage à la végétation autour de chez lui, dans les Landes.

2.          Mettons-nous à la place de notre sujet.

L’homme est un prédateur, et pour le prédaté, il représente une menace. Une fois sur le terrain, il s’agit de penser à ce qui fait qu’un animal repère habituellement un photographe. Pour l’odeur, il vous suffira de vous placer à bon vent, en mettant à profit quelques jours de repérage avant la séance d’affût.

Pour le visuel, nous allons progressivement supprimer les indices qui nous identifient comme humain.

a. La posture debout et la silhouette

La silhouette humaine est très facile à identifier : bipédie, jambes en V inversé, tête petite et épaules marquées. Nous allons donc tout simplement commencer par nous baisser pour casser cette silhouette reconnaissable.

En se baissant, la silhouette est moins marquée, moins visible.

En se baissant, la silhouette est moins marquée, moins visible.

b. Les « tâches claires »

Nous le voyons très bien sur le triptyque du haut, si nous nous habillons normalement, des « tâches claires » font contrastes avec l’environnement et nos vêtements. De ce fait, nous allons faire en sorte de les rendre moins marquées en les couvrant.

Camouflage

Le chapeau de brousse puis le keffieh assombrissent le visage. Attention à ne pas être trop sombre !

En combinant les point a. et b., François est déjà beaucoup moins visible.

Camouflage

En cassant sa silhouette et en couvrant ses « tâches claires », François devient difficilement identifiable.

c. sans oublier l’objectif !

Les gros objectifs sont voyants, surtout si vous êtes équipés avec des grands blancs Canon. N’oubliez pas de couvrir votre objectif, et profitez-en pour couvrir vos mains, qui sont habituellement très voyantes aussi. Pour éviter au maximum les reflets sur la lentille frontale de l’objectif, mettez là à l’ombre et fixez un pare-soleil.

3.          Bien choisir son emplacement.

Pour maximiser l’efficacité de cet équipement, il faut bien choisir son emplacement. En effet, il est très difficile de bien se camoufler au centre d’une plaine très plane, avec de l’herbe basse. Alors que dans la même plaine avec des herbes hautes et des fougères, ce sera déjà plus simple. Encore mieux, choisir une lisière de forêt permet souvent de se placer sous les branches basses d’un arbre, ou dans un buisson.

Il faut aussi penser à l’équipement que nous avons à disposition.

Camouflage

Même camouflage, même posture, et pourtant visibilités différentes.

Par exemple sur le diptyque ci-dessus, nous voyons très bien que François est plus ou moins visible en fonction de l’arrière plan. Si vous n’avez pas la possibilité d’adapter votre camouflage, choisissez un emplacement plus propice.

4.        En pratique

Voici quelques photos qui montrent en pratique ce que l’application de ces quelques points peut donner. Nous sommes ici en affût au chevreuil dans un pré que nous savons bien fréquenté. Le même équipement est utilisé, à savoir le chapeau de brousse et le keffieh, avec des vêtements normaux. Je précise que François est sur toutes les photos, à vous d’essayer de le trouver !

Camouflage

En pratique, sur un spot à chevreuil.

Merci à François, qui a bien voulu se prêter au jeu 🙂

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Publié dans Matériel, Techniques
4 comments on “Le camouflage : pas d’argent ? Pas de problème !
  1. Mickaël dit :

    Le ton de l’article est intéressant et le sujet aussi. Très bonne idée que de montrer en pratique ce que donne le camouflage. Du coup ça va aussi me motiver à me relancer un peu dans la photo animalière. 😉

    Sur la dernière photo, je suis même pas sur de le voir le « François »… Est-ce normal ? lol

    Je devrais peut-être moi aussi me servir de cobayes pour mes futurs articles de blog. 😉

  2. Ben dit :

    Article très intéressant ! Je crois qu’il est en plein centre non ?

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