Une matinée dans un camp de baguage

Le résumé d'une matinée dans un camp de baguage aux passereaux

Tous les ans dans mon village, l’association OISO organise un camp de baguage destiné à baguer et à contrôler les passereaux durant la migration de printemps. Cette année, ce camp était principalement dédié à un oiseau protégé au niveau mondial : le phragmite aquatique. J’étais sur place, et voici le récit d’une matinée dans un camp de baguage.

Ce matin là, il pleut. J’hésite à me rendre au camp de baguage comme prévu car je sais que les oiseaux seront moins nombreux. Finalement, je me décide et arrive sur place en même temps que le lever du soleil ; le baguage vient de débuter. Je rencontre les bagueurs, Caroline, Maxime, Benoit et leur « chef », Paul. Il m’explique le principe du camp : capturer, mesurer, peser, et baguer les passereaux d’une roselière afin de pouvoir suivre leurs déplacements. Le lieu est choisi afin d’étudier une espèce particulière, le phragmite aquatique, mais tous les oiseaux capturés sont traités de la même manière. En effet, les captures de phragmites aquatiques sont rares et il faut garder la main.

De grand filets sont tendus, et les oiseaux restent accrochés dedans en passant. C’est sans danger pour eux.

J’ai de la chance, la pluie s’arrête et je peux me permettre de prendre des photos sans me soucier de devoir protéger mon matériel plus que d’habitude. Cela dit, le terrain est très boueux et je suis souvent à la limite de prendre un bain de boue tout habillé !

Première capture : une fauvette à tête noire femelle.

Première capture ! Je suis Benoit, bagueur apprenti qui passera son permis de baguage en octobre. Il me mène au cœur de la roselière et procède aux deux premières captures de la journée : deux fauvettes à tête noire femelles.

Relève d’une fauvette à tête noire femelle.

Même si l’opération n’est pas douloureuse pour les deux petits sylviidés, il faut les manipuler délicatement pour ne pas les blesser. Chaque oiseau est ensuite enfermé dans un petit sac en tissu pour qu’il puisse se calmer.

Les oiseaux sont tenus fermement mais délicatement pour éviter de les blesser.

Après quelques autres captures ou relèves, nous rentrons au camp pour baguer et contrôler les oiseaux. Tout l’équipement est prêt pour mesurer, peser, baguer et contrôler les oiseaux. Le motif du tissu n’est pas obligatoire !

Les instruments de baguage et de mesure des oiseaux. De haut en bas : une balance au 1/10g, un pied a coulisse, plusieurs réglets et une pince a baguer.

Si l’oiseau n’est pas encore bagué, il se voit attribuer sa propre bague. Elle porte généralement deux inscriptions : le nom du centre de baguage (ici le muséum de Paris) et un code à 7 chiffres unique. Le but étant de pouvoir identifier chaque oiseau bagué en déterminant l’endroit où il a été bagué et si son passage a été enregistré ailleurs en Europe.

Ce rouge-gorge n’ayant pas de bague, il en reçoit une qu’il gardera à vie.

Si l’oiseau est déjà bagué, il est contrôlé. C’est à dire que son numéro est relevé, et que ses mesures sont comparées aux mesures précédentes.

Dans tous les cas, les oiseaux subissent une série de mesures. Ils sont manipulés très calmement pour éviter de les stresser et de les blesser.

Mesure de l’aile d’une fauvette à tête noire.

L’aile est mesurée du poignet jusqu’à la dernière rémige. Pour que la mesure soit bonne, il faut très légèrement « décourber » les plumes de l’aile, mais c’est sans douleur pour l’oiseau.

Mesure du tarse d’une fauvette à tête noire.

Ensuite, le tarse est mesuré. C’est l’équivalent du pied chez l’Homme. Ici : 21,25mm, ce qui est dans la moyenne.

Pesée d’une fauvette à tête noire.

Chaque oiseau est aussi pesé avec une balance précise au dixième de gramme. Il faut une bonne balance car une différence de 2 grammes représente plus de 10% du poids d’une fauvette. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la manipulation n’est pas douloureuse.

Une fois toutes les mesures effectuées, l’oiseau est relâché et retourne à sa vie de tous les jours.

Cette fauvette à été bien sage, elle peut être relâchée.

A 10h, les oiseaux sont de moins en moins nombreux. J’ai fait quelques photos, et il est temps de rentrer. Je remercie toute l’équipe qui a été très sympathique et qui n’a pas hésité à me donner un tas d’informations intéressantes. Malheureusement, il n’a pas été possible de retourner faire d’autres photos de meilleures qualité. Ce sera pour une prochaine fois.

Lâché d’un petit pouillot véloce.

Voilà le résumé d’une matinée dans un camp de baguage. J’espère que cet article vous aidera à mieux comprendre le but du baguage. Une fois de plus, je précise que l’opération est faite pour ne pas blesser les oiseaux et les stresser le moins possible. Aucun oiseau n’a été maltraité pendant ce court reportage, et je pense que c’est toujours le cas. Les bagueurs sont des amoureux de la nature, très respectueux des oiseaux, et ça se voit !

Lâché d’un bruant des roseaux femelle.

Si vous avez des questions ou des détails à ajouter, n’hésitez pas à utiliser les commentaires.

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Publié dans Actualités, Petits mots en passant
15 comments on “Une matinée dans un camp de baguage
  1. pyrros31 dit :

    Merci pour ce reportage nature d’un univers peu connu … mais pourtant utile …

  2. C’est encore mieux avec les commentaires !
    J’ai donc mis le lien sur le site http://www.villefranque.fr
    Christian. 😉

  3. Fabrice, Neefyt photographie dit :

    Superbe Tom, une belle matinée pour toi, joli reportage avec de belle photo, merci de ce partage.

  4. Ouais, d’accord avec Pyrros, j’ai beaucoup appris en lisant ton article. Merci pour le partage.

  5. stephanegavoye dit :

    Sympa de voir comment ça se passe. Merci pour le partage.

  6. Pirlouis dit :

    Très belle expérience que tu as partagé avec nous 🙂

  7. L dit :

    La tête en bas pour la pesée ça me fait un drôle d’effet, même si je ne mets pas en doute le respect des intervenants.
    En tout cas c’est encore un joli reportage, plein d’informations intéressantes.
    Signé la crevette grise 😉

    • Tom Mosack dit :

      Bonsoir crevette grise !

      En effet, ça fait un drôle d’effet, mais dans l’autre sens ils s’envoleraient :/ Merci beaucoup pour ton commentaire et à bientôt =)

  8. […] ce numéro, vous pourrez également retrouver certaines des photos de la journée dans un camp de baguage à la page 16. De plus, la page 18 est entièrement consacrée à mon activité avec Stage photo […]

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