Gérer ouverture et profondeur de champ

L’ouverture et la profondeur de champ sont deux notions de base de la photographie. Toutes les deux sont liées, et je vais tenter de vous expliquer comment gérer ces deux valeurs.

L’ouverture.

L’ouverture est une valeur déterminant la quantité de lumière entrant dans l’appareil par le diaphragme de l’objectif, une pièce composée de lames lui permettant de s’ouvrir ou de se fermer. Cette valeur s’exprime par une fraction de f (pour focale), f/n comme par exemple f/4.0. Plus le nombre de n est grand, plus l’objectif est fermé, et inversement, plus le nombre est petit, plus l’objectif est ouvert.

L’échelle normalisée des valeurs d’ouverture est :

f/1.4, 2, 2.8, 4.0, 5.6, 8.0, 11, 16, 22, 32.

Cette échelle montre les ouvertures dites normalisées, mais permet aussi de mieux comprendre comment exposer ses images. En effet, chaque palier divise l’entrée de lumière par deux, comprenez donc que f/2 laisse entrer deux fois moins de lumière que f/1.4, et de même pour f/4.0 et f/5.6. L’inverse étant également vrai.

n grand > petite ouverture > moins de lumière
n petit > grande ouverture > beaucoup de lumière

Ici, un Canon EF 50mm 1.8 II successivement à f/2.2 (très ouvert), à f/14 (plus fermé) puis à f/22 (très fermé).

La profondeur de champ.

La profondeur de champ est l’espace en avant et en arrière du sujet compris dans le plan de netteté. C’est à dire que si la mise au point est faite sur un point précis, ce qu’il y a en avant et en arrière de ce point est aussi net, jusqu’à ce qu’on sorte du plan de netteté. Tout ce qui est en dehors de la profondeur de champ est alors appelé hors mise au point, ou hors focus. Les arrières-plans flous de différentes couleurs sont appelés « bokeh », venant d’un mot japonais.

Seul la fleur au premier plan est dans la profondeur de champ, l’arrière-plan flou ou bokeh est dit dilué.

La profondeur de champ se mesure en unité de longueurs (mètres, centimètres, voire millimètres). Elle varie en fonction de l’ouverture, c’est à dire qu’elle augmente avec une ouverture plus faible (et donc un nombre de f grand) et diminue avec une ouverture plus grande (et donc un nombre de f petit).

Grande ouverture > petit f    > petite profondeur de champ.
Petite ouverture   > grand f  > grande profondeur de champ.

La profondeur de champ augmente au fur et à mesure que l’on ferme le diaphragme. Ici, ces quatres photos ont été prise à f/1.8, f/4.0, f/14 et f/22. On remarque qu’a pleine ouverture (1.8), seul le nez de l’ours rouge est net, et qu’a f/22, les trois ours en avant le sont, l’orange étant trop loin pour être dans le plan de netteté.

Il existe une formule mathématique permettant de calculer la profondeur de champ, mais j’avoue ne jamais l’avoir apprise. Au par-cœur, je préfère l’expérience. De plus, la plupart des appareils photo réflex permettent de contrôler la profondeur de champ, simplement en pressant un bouton. Ce bouton permet de fermer le diaphragme de la même manière qu’il sera fermé au moment ou vous presserez le déclencheur, de sorte que vous pouvez ainsi voir directement ce qui sera net dans votre photo et ce qui ne le sera pas. Évidemment, comme ce bouton a pour effet de fermer le diaphragme (à moins que vous soyez à pleine ouverture, dans ce cas cette fonction n’est pas utile), il obscurcit la visée, puisque le diaphragme laisse entrer moins de lumière.

En fonction du type de sujet, il convient d’utiliser une profondeur de champ petite ou grande, et donc une ouverture grande ou petite. En portrait ou en animalier, à moins de vouloir faire ressortir l’arrière-plan, une profondeur de champ petite permet d’isoler le sujet du fond, choisissez donc une grande ouverture. A l’inverse, en paysage, on cherche souvent à avoir l’ensemble du cliché net, préférez alors une petite ouverture.

Voilà pour aujourd’hui, j’espère avoir été assez clair, et merci d’avoir lu jusqu’au bout. N’hésitez pas à commenter si vous souhaitez ajouter quelque chose, ou si vous avez une question !

Et un grand merci aux membres du forum Eos-numérique pour m’avoir aidé à compléter cet article !

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Publié dans Matériel, Techniques
12 comments on “Gérer ouverture et profondeur de champ
  1. gromit dit :

    Tom,

    Une inversion dans ton premier paragraphe, « L’ouverture », ou tu écris que plus le chiffre n est grand, plus l’objectif est ouvert, et inversement…

    Allons bon.

    Cela étant, merci pour tes sujets clairs et très didactiques.

    Cordialement.

  2. loup dit :

    Honetement tout ca c’est très michan 🙂

  3. synapse dit :

    Bonjour,

    Merci pour ces explications en images !

    Je débute et ça motive à refaire les mêmes tests pour assimiler les notions petit à petit.

    Avec les photos, on sait à quoi s’attendre comme résultat.

    Synapse

    • Tom Mosack dit :

      Bonjour,

      Y’a pas de quoi, et content que ça t’aide =) Bien sûr si tu as des questions, n’hésite pas à les poser !

      Bonne journée, et à bientôt.

  4. Kutoyx dit :

    Bonjour Tom,

    Je suis arrivé ici depuis le forum EOS-Numérique.com (lien exact http://www.eos-numerique.com/forums/f96/gerer-ouverture-et-profondeur-de-champ-146815/).

    Un grand MERCI pour ces explications simplifiées et claires qui ont répondues à bcp de mes questions en tant que « débutant » ! Et hop, une adresse de plus dans mes favoris 🙂

    Bonne continuation !
    Will, alias Kutoyx chez les eosiens.

    • Tom Mosack dit :

      Bonjour Will,
      Merci à toi pour ton passage, je suis heureux de t’avoir aidé =) Après tout, ce blog est fait pour ça, et les commentaires comme celui que tu viens d’écrire sont comme une récompense pour moi !
      En espérant te voir souvent ici, encore merci =)

  5. Laurent dit :

    Merci pour cette explication en images !

    Laurent, un débutant qui vient lui aussi via un lien sur le forum EOS

    • Tom Mosack dit :

      Bonsoir Laurent et merci beaucoup pour ton passage et pour avoir pris le temps de laisser un commentaire =)

      A très bientôt ici ou sur le forum Eos-numérique !

  6. […] tests de matériel et de la technique, comme le test du Canon EF 300mm f/4.0 L IS USM, ou encore Gérer ouverture et profondeur de champ. Et ça tombe bien, parce que j’ai prévu d’autres articles de ce type pour vous cette […]

  7. auxoisnature dit :

    Je me suis fait avoir avoir avec tes ours : je suis très naïf et pensais qu’il s’agissait d’oursons … ben quoi, t’es bien dans les Pyrénées, non ?! 🙂

    Super article, qui permet de revoir ces bases super importantes. Je partage !

    • Tom Mosack dit :

      Haha, salut Régis =)

      J’avoue que j’aimerais bien avoir les même avec de la fourrure ! Mais sans la maman ours !

      En tout cas merci beaucoup, content que l’article te plaise =)

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